Chacun le sait : les marchés financiers ont traversé de sérieuses turbulences au cours des dernières décennies. De la crise financière mondiale de 2008 à la crise de la dette publique grecque, jusqu’au récent choc de la pandémie, des mesures ont dû être prises pour en limiter les effets, à l’image de taux d’intérêt historiquement bas, y compris sur la partie longue de la courbe des taux. Comprendre l’origine et les effets économiques de la baisse des rendements des obligations souveraines est un sujet que de nombreux universitaires ont mis en lumière. Ces événements ont en effet failli compromettre la stabilité de l’euro, rendant d’autant plus difficile le renforcement de l’Union européenne. Inquiets de la suite, les investisseurs ont recherché davantage de sécurité.

Les rendements de long terme sont ainsi tombés à des niveaux historiquement bas. Parmi les mesures adoptées pour stabiliser les marchés et stimuler la croissance, la BCE a mis en place une politique monétaire non conventionnelle fondée sur des taux négatifs et l’assouplissement quantitatif.

Récemment, la BCE a également décidé de modifier certains paramètres clés de la troisième série d’opérations de refinancement à plus long terme ciblées (TLTRO III).

Une hausse marquée en 2021

Le Fonds monétaire international (FMI) définit l’inflation comme le rythme d’augmentation des prix sur une période donnée. Il s’agit généralement d’une mesure globale, comme la hausse générale des prix ou celle du coût de la vie dans un pays.

L’objectif de l’ensemble des politiques monétaires est de préserver l’accès des entreprises et des ménages au crédit bancaire, malgré les perturbations et les tensions temporaires de financement provoquées par l’épidémie de coronavirus.

Par ailleurs, la baisse de la productivité horaire du travail dans les entreprises et la forte hausse des coûts unitaires de production liées à l’épidémie pourraient modifier sensiblement la trajectoire de l’inflation. Certains secteurs connaissent en effet un recul de la productivité qui laisse entrevoir une inflation de 3 à 4 % par an si les nouvelles normes sanitaires sont maintenues.

Il est donc très probable qu’en 2021, ou du moins au premier semestre 2021, l’inflation de la zone euro dépasse la cible de 2 % de la BCE, ce que confirment les statistiques d’Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne :

Le taux d’inflation annuel de la zone euro s’est établi à 1,3 % en mars 2021, contre 0,9 % en février. Un an plus tôt, il était de 0,7 %. Le taux d’inflation annuel de l’Union européenne s’est établi à 1,7 % en mars 2021, contre 1,3 % en février. Un an plus tôt, il était de 1,2 %. Les taux annuels les plus faibles ont été observés en Grèce (−2,0 %), au Portugal, à Malte, en Irlande et en Slovénie (0,1 % chacun). Les plus élevés ont été enregistrés en Pologne (4,4 %), en Hongrie (3,9 %), en Roumanie et au Luxembourg (2,5 % chacun). Par rapport à février, l’inflation annuelle a baissé dans trois États membres, est restée stable dans trois et a augmenté dans vingt et un.